Archive for the ‘AFUL’ Category

Le prix unique du livre numérique doit-il s’opposer à la création libre ?

Mardi, octobre 19th, 2010

Logo de l'AFULL’ADULLACT (Association des Développeurs et Utilisateurs de Logiciels Libres pour les Administrations et les Collectivités Territoriales) et l’AFUL (Association Francphone des Utilisateurs de Logiciels Libres) s’inquiètent de la proposition sénatoriale de loi sur le prix [unique] du livre numérique, dont la rédaction actuelle menace sans nécessité la création sous licence libre. Leurs représentants au CSPLA (Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique) s’en expliquent dans ce communiqué.

“Nous avons eu récemment connaissance de la proposition de loi faite au Sénat par Mme Catherine DUMAS et M. Jacques LEGENDRE relative au prix [unique] du livre numérique.
Nous comprenons le souci de la représentation nationale de préserver la filière du livre dans le monde numérique, en reprenant une formule qui s’est montrée efficace pour le livre imprimé traditionnel.

Cependant le monde numérique n’est pas le monde des supports matériels traditionnels et, s’il pose les problèmes que nous connaissons depuis plusieurs années, notamment en ce qui concerne la multiplication des copies illicites, c’est précisément parce qu’il obéit à des lois économiques nouvelles. En un mot : une fois l’œuvre créée, la production de copies peut se faire à un coût essentiellement nul.
Cela n’implique nullement qu’il soit légitime de faire ces copies sans l’accord des titulaires des droits, mais cela implique la possibilité et, de fait, l’existence de nouveaux modèles de création et d’exploitation des œuvres, modèles qui sont tout aussi légitimes que les modèles traditionnels issus du monde de l’imprimé.

Pour ne citer qu’un exemple, l’association Sésamath produit des livres numériques “homothétiques” (selon la terminologie de l’exposé des motifs), disponibles sous licence Creative Commons By-Sa. Cette licence implique que ces livres peuvent être exploités commercialement par quiconque, quelle que soit la forme que pourrait prendre cette exploitation, mais que les livres sont toujours cédés avec cette même licence sans contrainte nouvelle. Cela exclut en particulier toute contrainte de prix, ce qui est essentiel à la dynamique de création mutualisée et de maximisation du public recherchée par les auteurs.
Il ne s’agit nullement d’un phénomène marginal, même s’il est ignoré par certains rapports officiels. Les versions imprimées des livres de Sésamath représentent environ 15% du marché qui les concerne, ce qui est loin d’être négligeable. Ces œuvres participent déjà au rayonnement de la France dans plusieurs pays francophones. C’est manifestement un modèle de création qui se développe : il a d’ailleurs fait l’objet des travaux d’une Commission Spécialisée du Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (CSPLA) où nous siégeons tous deux.

Il y a donc tout lieu de s’inquiéter de la compatibilité de la proposition de loi avec ces nouveaux modèles.
Ainsi l’article 2 prévoit la fixation d’un prix par le diffuseur commercial. Certes, les licences ouvertes - par exemple Creative Commons By-Sa - tout en permettant la diffusion gratuite et non commerciale, n’excluent nullement la diffusion commerciale, qu’elle soit le fait des créateurs initiaux ou de tiers. Mais le principe même de ces licences est par nature exclusif de toute fixation de prix puisqu’elles sont choisies par l’auteur précisément pour donner la liberté d’en décider, sans contrôle amont de l’aval de la chaîne de diffusion.

Cette loi n’a pas l’intention, on peut l’espérer, de tuer dans l’œuf ces nouveaux modes de création et d’exploitation, ce qui ne serait guère dans l’intérêt de notre pays, des créateurs concernés ou du public. Il faut donc préciser que la fixation du prix du livre numérique ne s’applique pas aux œuvres numériques libres ou ouvertes. Cela peut être réalisé très simplement par un amendement à l’article 2.3 qui prévoit déjà quelques cas d’exemption, sans aucunement porter atteinte aux modes d’exploitation commerciale que la loi vise à encadrer, au bénéfice des titulaires de droit qui souhaitent une telle protection.

Le monde du numérique et les modèles économiques associés sont complexes et mouvants, et la prudence doit probablement prévaloir avant d’y figer quoi que ce soit. Du moins faut-il préciser avec soin quels objets sont visés par le législateur. Il nous semble important que les nouveaux modèles de création et d’exploitation aient le droit de se faire entendre au même titre que les modèles traditionnels. Il y va de la compétitivité économique et culturelle de notre pays dans un univers bouleversé par le numérique. Le meilleur témoin de l’intérêt économique et social de ces modèles est le soutien que leur apportent les collectivités territoriales par leur adhésion à l’association ADULLACT présidée par l’un de nous.

Le rapport Patino préconise de “mettre en place des dispositifs permettant aux détenteurs de droits d’avoir un rôle central dans la détermination des prix“. Nous ne demandons rien d’autre”.

(Sources : AFUL)

DM

AFUL : 12 propositions pour l’école à l’ère numérique

Jeudi, mars 4th, 2010

Logo AFULPeu après la publication du Rapport Fourgous semblant hésiter entre une école numérique fondée sur le collaboratif et la richesse de ressources partagées d’une part, et d’autre part une école numérique qui serait le marché tout trouvé d’une industrie du numérique en mal de clients, l’AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de logiciels Libres), l’ADULLACT (Association des Développeurs et Utilisateurs de Logiciels Libres pour l’Administration et les Collectivités Territoriales) et SCIDERALLE (Système Collaboratif Indépendant pour le Développement, l’Étude et la Recherche Appliquée en Logiciel Libre pour l’Éducation) font douze propositions pour “Réussir le numérique à l’école” :

  1. Liberté - Les logiciels et les ressources numériques acquises, développées ou produites avec participation de fonds publics doivent être placées sous licence libre et disponibles dans un format ouvert afin de permettre leur libre partage : les utiliser, étudier, modifier, redistribuer librement.
  2. Égalité - Avant de viser des solutions dites innovantes, il faut privilégier l’équipement et la disponibilité des ressources pour le plus grand nombre, par la mutualisation et des mécanismes de péréquation.
  3. Fraternité - Le travail collaboratif entre les élèves, les professeurs, les associations partenaires de l’école et tous les acteurs de l’éducation, en particulier les collectivités, doit être encouragé et soutenu.
  4. Un observatoire permanent composé de spécialistes de la mesure est chargé d’évaluer en continu et avec précision les impacts de tel ou tel usage lié au numérique dans les domaines scolaire et para-scolaire.
  5. La mise en œuvre de dispositifs TICE efficaces ou innovants est prise en compte dans l’évolution de la carrière des enseignants.
  6. Les Inspections sont chargées dans toutes les matières d’organiser, de maintenir et de faire croître le recensement, la production collaborative et l’indexation de contenus libres, avec des enseignants volontaires rémunérés pour ce travail. Les éditeurs (privés ou non) peuvent évidemment utiliser ce fonds pour proposer des manuels scolaires. Le modèle de Sésamath peut être une piste à suivre.
  7. Les collectivités et l’État conjuguent leurs efforts pour mutualiser leurs ressources et faire produire et maintenir un patrimoine de logiciels libres d’usage administratif et pédagogique à destination des 70 000 écoles et établissements scolaires français, par souci d’efficience, d’interopérabilité et d’égalité républicaine.
  8. L’école numérique s’appuie pour le développement et la maintenance de ses infrastructures matérielles, logicielles et documentaires, ainsi que pour la formation continue et l’accompagnement des enseignants, sur un réseau structuré de Centres de Ressources Informatiques.
  9. Les possibilités offertes par les nouvelles technologies dans le domaine du travail asynchrone ou distant sont explorées pour faciliter la liaison école-famille et améliorer les liens entre l’école et les élèves ne pouvant s’y rendre.
  10. L’informatique devient une discipline à part entière, dont l’enseignement obligatoire dès le primaire est réalisé par des professeurs ayant le diplôme requis dans cette spécialité ou ayant bénéficié d’une formation qualifiante. La gestion des compétences, l’accompagnement des enseignants et la formation initiale et continue font l’objet du plus grand soin.
  11. Afin de garantir l’égalité des chances, les collectivités et l’État mutualisent leurs efforts pour offrir un vaste support en ligne gratuit à l’échelle nationale, animé par des professeurs nommés dans la 31e académie : l’académie en ligne. Ces professeurs sont formés au tutorat en ligne.
  12. Les activités de production en ligne des élèves (écriture dans Wikipédia, site web, blog…) peuvent être intégrées dans un portfolio qui leur est proposé.

(Sources : AFUL)

DM

Non aux racketiciels, ces logiciels qu’on nous oblige à acheter

Lundi, novembre 23rd, 2009

Racketiciels2Les logiciels pré-installés, dont principalement Windows, représentent 10 à 30 % du prix d’un ordinateur neuf grand public. L’absence totale d’information sur ce coût caché a abouti à un résultat étonnant : de nombreux clients ont cru ou croient encore que les logiciels sont gratuits et verraient d’un mauvais œil qu’ils ne figurent pas dans la machine.

L’importance de ce coût tient d’abord à une situation de monopole sur le système d’exploitation. D’autres logiciels sont également présents sur les PC, soit de manière systématique, soit sur certaines gammes. Enfin, l’installation et la vérification du fonctionnement des logiciels ont un coût.
La multiplication des demandes de remboursement donne une actualité brûlante à cette question du coût réel des logiciels. Quoique l’information sur les 30% que représentent les logiciels émane de l’un d’eux, certains constructeurs proposent 25 € pour le seul système d’exploitation. Ils invoquent notamment le fait que les licences sont achetées en masse à Microsoft.

Racketiciels1C’est oublier que ce qui intéresse l’acheteur, c’est le surcoût qu’il paie au final. Les constructeurs et les distributeurs offrent un produit intégré, c’est sur l’ensemble qu’ils font de la marge, y compris les logiciels ! Il est donc pertinent de prendre en référence le prix des licences OEM vendues séparément ou par des assembleurs. Quoique l’opération soit parfois hasardeuse (configurations matérielles différentes, politique de prix), on peut aussi comparer les prix avec les rares offres sous Linux.

L’occultation du prix des logiciels masque un autre point essentiel : chaque acquisition de matériel donne lieu à une répétition d’achat des mêmes logiciels. Certes, il s’agit souvent de versions plus récentes, il n’empêche ! Les critiques dont le Vista de Microsoft fait l’objet montre que cela ne répond pas nécessairement aux vœux du client. De toute façon, juridiquement (via une licence OEM) le terrain est verrouillé par l’interdiction d’installer sur une machine les logiciels vendus pré-installés sur une autre machine.

Logo AFULLe consommateur est transformé en vache à lait à chaque fois qu’il décide de changer de matériel. Alors que d’autres options seraient possibles comme le recours à des logiciels libres en perpétuelle amélioration et gratuits ! La vente liée qui prive le consommateur de sa liberté de choix est donc une très mauvaise affaire.

Grâce à l’Association Francophone des Utilisateurs de Logiciels Libres (AFUL), défendez-vous contre les racketiciels !

(Sources : AFUL)

DM

Qu’est-ce que l’AFUL ?

Samedi, octobre 24th, 2009

Logo AFULDepuis 1998, l’AFUL a pour but de promouvoir le logiciel libre, en particulier les systèmes d’exploitation (comme GNU-Linux ou les systèmes BSD libres), et aide à la diffusion de standards ouverts. L’AFUL est une organisation a but non lucratif (association Loi 1901) qui réunit des utilisateurs, des professionnels, des entreprises et d’autres associations situées dans plus de 10 pays et régions francophones (France, Belgique, Suisse, Québec, pays d’Afrique francophone, etc.).

  • L’AFUL est un contact privilégié pour joindre la communauté francophone du logiciel libre. Elle tient à jour la liste de références des Groupes d’Utilisateurs de logiciels Libres (GUL).
  • L’AFUL est un acteur clé dans le domaine de l’Éducation, avec l’accord-cadre passé avec le ministère français de l’Éducation nationale (depuis 1998) et avec l’Agence Universitaire de la Francophonie (depuis 1999).
  • L’AFUL est un membre fondateur de l’association Scideralle qui depuis 2002 soutient des projets visant à fournir à tout public des logiciels et ressources libres pour l’enseignement et l’éducation populaire.
  • L’AFUL s’est considérablement impliquée dans des travaux, rapports et processus législatifs liés à l’évolution de la législation française du droit d’auteur et relatifs à la législation touchant les médias numériques, dont Internet. L’AFUL participe aux travaux du Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique Français (CSPLA)au titre des logiciels libres et plus généralement des œuvres ouvertes et sous licence libre.
  • L’AFUL est l’initiatrice en 1999 du mouvement contre les brevets logiciels, et un des membres fondateurs de l’Alliance EuroLinux. L’AFUL soutient également les actions d’Economic Majority.
  • L’AFUL tient à jour un dossier sur les modèles économiques liés aux logiciels libres. Ses membres débattent en permanence afin d’analyser, évaluer et conseiller dans le champ économique. Ordinateurs et outils électroniques sont vendus ces dernières avec des logiciels préinstallés, empêchant les consommateurs de choisir les logiciels et de payer seulement pour ceux dont ils ont besoin.
  • Depuis 1999, l’AFUL est l’un des acteurs les plus avancés au monde dans la lutte contre la vente liée et l’information du consommateur dans le domaine de l’informatique. L’AFUL a financé des actions en justice et a initié le pétition Racketiciel.info dans le but que chaque utilisateur/consommateur puisse acheter des ordinateurs et du matériel sans être contraint de payer de logiciel non désiré.
  • L’AFUL aide à organiser et financer des actions et des évènements tels que les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre.

(Sources : AFUL)

DM